"Conscients de leur responsabilité morale et de l'attente de la société à leur égard, les évêques et les supérieurs religieux s'engagent à assurer une reconnaissance des victimes et adopter des mesures réparatrices de leur souffrance. Ainsi sont-ils déterminés à rétablir les victimes dans leur dignité et à leur procurer des indemnités financières selon leurs besoins". Dans un communiqué diffusé lundi, les responsables catholiques belges, accusés d'un manque de compassion pour les victimes, ont annoncé leur intention de faire un mea-culpa, au moins au niveau financier.
Après les Etats-Unis, l'Irlande ou encore l'Allemagne, l'Eglise catholique belge a été éclaboussée en avril 2010 par un scandale de pédophilie. L'évêque de Bruges, Roger Vangheluwe avait en effet était contraint de démissionner après avoir reconnu des abus sexuels sur un neveu mineur entre 1973 et 1986. Exfiltré par le Vatican dans une communauté religieuse en France pour faire pénitence et se faire oublier, Roger Vangheluwe, 74 ans, a à nouveau choqué la Belgique en reconnaissant des abus sur non pas un, mais deux neveux, tout en minimisant ses actes. Il a depuis lors disparu de la circulation.
Plainte déposée mercredi
La démission de Roger Vangheluwe avait délié de nombreuses langues. En septembre 2010, une commission dirigée par un pédopsychiatre avait publié les témoignages de près de 500 personnes accusant des ecclésiastiques d'avoir abusé d'eux durant leur jeunesse, des faits commis pour la plupart des années 1950 aux années 1980. Le problème vient du fait que la plupart de ces crimes, comme ceux reprochés à Roger Vangheluwe, sont prescrits pour la justice civile comme pour la justice ecclésiale.
Fin mars, une commission parlementaire belge avait cependant recommandé de mettre sur pied une "commission d'arbitrage" pouvant déboucher sur l'indemnisation des victimes dont les cas sont prescrits. L'annonce des évêques intervient alors qu'environ 80 victimes présumées ont annoncé qu'elles allaient assigner le Vatican devant la justice civile belge pour "négligence fautive", afin d'obtenir des dommages et intérêts. Leurs avocats doivent présenter les modalités de cette plainte mercredi après-midi.
L'un d'entre eux, Walter Van Steenbrugge, a déjà indiqué que la citation à comparaître ciblerait "le Saint-Siège et plusieurs personnes physiques, en Belgique", en se fondant sur leur "attitude face aux abus sexuels, tant à l'époque où ils ont été commis qu'aujourd'hui". "Le Saint-Siège exerce un pouvoir énorme, le pape prétend être un exemple... Qu'ils l'assument !", lance l'avocat.
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