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dominique
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« le: 01 Février 2011 à 16:14:06 » |
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Les chiffres sont cruels et difficilement contestables : ils s'appuient en grande partie sur les études de l'Insee. Avec la crise économique, des milliers de ménages jusqu'à présent épargnés sont désormais confrontés à des difficultés pour se loger décemment, dénonce ce mardi le 16e rapport de la Fondation Abbé Pierre. "Les plus fragiles sont renvoyés vers des solutions de logement toujours plus indignes et plus fragiles, et ceux sur le fil ont commencé à basculer", résume Christophe Robert, directeur des études de la Fondation.
Près de dix millions de Français sont touchés par la crise du logement.
Parmi les 685.000 personnes privées de domicile personnel, 133.000 sont considérées comme sans domicile, 38.000 vivent dans des chambres d'hôtel et 85.000 dans des habitations de fortune : construction provisoire, personnes vivant à l'année dans un camping ou en mobil-home. On évalue à 2,78 millions le nombre de personnes "vivant dans des conditions de logement très difficiles", à 3,2 million celui de celles en situation de surpeuplement. En hausse constante, le nombre de locataires en situation d'impayés représente 494.800 ménages, soit 1,2 million de personnes. Le nombre de personnes en attente de logement social était l'an dernier de 1,2 million. Le nombre de gens du voyage qui ne peuvent accéder à une place dans les aires d'accueil aménagées est estimé à plus de 86.000.
Pour résoudre le problème, "il faudrait produire environ 500.000 logements par an pendant plusieurs années", estime Christophe Robert. Mais le nombre de mises en chantier ne cesse de diminuer depuis 2007 (environ 350.000 en 2010 contre 435.000 en 2007). Dans ces conditions la crise s'aggrave, les services d'hébergement d'urgence sont "sous pression", les plus démunis s'enfoncent un peu plus : ils se réfugient dans des cabanes, des caves, des parkings, alimentant une "zone grise" du logement, ou se rassemblent sur "des territoires d'exclusion", générant une "tiers-mondisation" du parc de logements. Solutions "indolores pour les politiques publiques, ce qui n'incite pas la société civile à se mobiliser", dénonce Christophe Robert.
Propriétaires pauvres = propriétaires expulsés
Parallèlement, de plus en plus de ménages sur le fil avant la crise basculent à l'occasion d'un licenciement, d'une rupture familiale. Parmi eux, des salariés aux rémunérations "faibles ou même moyennes", des chômeurs, "mais aussi des retraités, des commerçants, des intermittents du spectacle, des auto-entrepreneurs" qui ne peuvent plus répondre à l'explosion des prix de l'immobilier. "C'est le monde des (...) 15 millions de personnes dont les fins de mois se jouent à quelques dizaines d'euros près, selon le Médiateur de la République", précise le rapport.
Face à cette crise, que font les pouvoirs publics ? Trop peu, estime la Fondation Abbé Pierre, dont la critique de la politique actuelle du logement tient en une phrase : "Une France de propriétaires, oui, mais qui en a les moyens ?" Dans un contexte de crise marqué par une montée de la précarité et la multiplication par deux des prix de l'immobilier en dix ans, inciter les Français à s'acheter un toit peut se révéler risqué, estime l'organisation. "La politique du 'tout accession' apparaît des plus discutables car soumise aux mécanismes spéculatifs des marchés, inadaptée aux budgets des ménages modestes et peu compatible avec la réalité de l'accession à la propriété", peut-on lire dans le rapport. Exemple donné d'une "politique budgétaire et financière qui prolonge les inégalités" : le nouveau prêt à taux zéro (PTZ+) proposé sans conditions de ressources, dont le gouvernement espère qu'il contribuera à faire passer le taux de propriétaires en France de 58% à 70%, la moyenne européenne. "Permettre aux 20% de Français les plus riches d'accéder à ce prêt va coûter 480 millions d'euros à l'Etat", déplore Patrick Doutreligne, délégué général de la Fondation. "C'est un choix dogmatique qui touche à nos impôts". Sont aussi mises en avant les questions de sur-endettement, de clivages sociaux et d'environnement, à l'heure où la flambée des prix pousse de nombreux nouveaux propriétaires à se loger loin des centres-villes.
Contrairement au mot d'ordre de la politique actuelle du logement, le mal logement n'est pas "l'apanage des locataires", souligne le rapport : lorsque les ressources viennent à manquer, certains propriétaires ne peuvent plus entretenir leur résidence ou payer les échéances, et peuvent même finir expulsés. Outre la nécessité de "produire massivement sans délai", la Fondation Abbé Pierre plaide pour une "maîtrise des prix" notamment en "encadrant les loyers de relocation", un renforcement de la loi SRU qui impose un quota de 20% de logements sociaux aux communes de plus de 3500 habitants ou encore un programme quinquennal de résorption des 600.000 logements indignes. A 16 mois des élections présidentielles, elle veut inciter les futurs candidats à faire du logement "un des trois ou quatre thèmes majeurs de leurs programmes". source : http://lci.tf1.fr/
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