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dominique
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« le: 17 Février 2008 à 23:30:53 » |
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Au terme de trois jours de débats très tendus, les assises du Morbihan ont condamné hier un Lorientais de 45 ans accusé d'inceste. La cour d'assises du Morbihan a examiné pendant trois jours une affaire particulièrement délicate. « Des faits odieux », estime l'avocat général. Ils ont été portés à la connaissance de la justice en avril 2006. Une adolescente de Lorient, alors âgée de 14 ans, raconte qu'elle a été régulièrement violée par son père depuis l'âge de 11 ans.
Sa demi-soeur, de neuf ans plus âgée, sort de son silence pendant la garde à vue de son père. Elle dit qu'elle a également été violée alors qu'elle était tout juste adolescente. Un crime passible de vingt ans de réclusion. « Elles mentent toutes les deux », a clamé leur père, pendant le procès.
Cet homme, âgé de 45 ans, ancien chef d'entreprise, était en train de monter une nouvelle affaire au moment de son arrestation. Il n'a reconnu qu'une chose : avoir commis, à deux reprises, des attouchements sur la plus jeune de ses filles durant l'été 2002. « J'étais bourré. C'est inexcusable, mais je n'ai rien fait de plus », se défend-il. Sa thèse, c'est qu'il est victime d'un « complot familial ». La récente rupture avec sa femme et de vieilles rancoeurs en seraient à l'origine.
Lingerie de leur mère
La difficulté, dans cette sombre affaire d'inceste, c'est qu'il n'y a aucune preuve matérielle. Tout repose sur les accusations des deux jeunes filles. « Vous n'allez quand même pas gober ce que racontent ces gamines », a lancé aux jurés l'avocat de la défense, Me Alain Guilloux, qui a fait référence à l'affaire d'Outreau.
À la barre, les deux jeunes filles ont maintenu les accusations faites pendant l'enquête. Elles ont raconté comment, profitant d'être seul avec elles, leur père leur imposait des actes sexuels, allant parfois jusqu'à leur faire porter de la lingerie de leurs mères respectives. Longtemps, elles n'ont rien osé dire. « À onze ans, je pensais que tous les pères faisaient ça avec leurs filles », a raconté l'une d'elle au premier jour d'audience.
L'avocat général, Stéphane Cantero, a requis 12 à 15 ans de prison. Pour lui, comme pour les deux avocates de la partie civile, Me Mallet et Me Alix, il y a dans ce dossier tous les traits « caractéristiques » des cas d'inceste. Le silence. La honte. Un père « psychorigide » qui n'est « certes pas un monstre », mais qui est animé d'un « désir de puissance ». C'est cette version qui a remporté la conviction de la cour. Le père a été condamné à 14 ans d'emprisonnement.
Jean-Baptiste GAUDEY.
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