source :
http://www.rtlinfo.be/rtl/ 19 jours de maltraitance
Les faits remontent au 12 janvier 2008, date à laquelle Biagio Destro fait la connaissance de Sabrina. Très rapidement, cette dernière s'installe chez son nouveau compagnon avec son fils, tout juste âgé d’un an. Le bébé est alors en parfaite santé, comme en attestera au tribunal la pédiatre qui l'avait examiné quelques jours plus tôt.
Mais au fil des jours, plusieurs lésions apparaissent sur son visage et son corps. Il devra même se faire poser un plâtre à la jambe droite, brisée. Des blessures qui survenaient systématiquement lorsque le bébé se retrouvait seul avec le compagnon de sa mère. "De malheureux accidents domestiques", disait-il à celle-ci en guise d'explications. "Il tombe souvent parce qu'il ne tient pas en place".
Le 31 janvier 2008, lorsque la mère du petit Mathéo rentre au domicile conjugal, elle trouve son compagnon faisant du bouche-à-bouche à l'enfant inanimé dans ses bras. Le petit garçon est transporté à l'hôpital où il décédera le lendemain, jour de ses 13 mois. Les médecins sont formels: il n'a pas survécu à un hématome sous-dural bilatéral, compatible avec le syndrome de l'enfant secoué.
Le rapport des légistes viendra étayer de façon effarante ce premier constat, un rapport de 4 pages où sont détaillées toutes les lésions subies par l'enfant entre le 12 et le 31 janvier 2008:
une multitude d'ecchymoses sur le visage et sur les membres, dues notamment à de violents coups de poing; des morsures; des traces de gavage ou encore une torsion au niveau du squelette du membre inférieur droit ... Absence totale de remords
A l'audience, Biagio Destro avait finalement admis qu'il était "parfois brutal" avec le bébé ; qu'en effet, il avait "insisté un peu" pour qu'il mange ; qu'il l'avait mordu mais "pour jouer, parce que ça le faisait rire".
Ce comportement fuyant, cette totale absence de prise de conscience ainsi que l'extrême gravité des faits, le caractère violent et répété des coups portés sur une période de 19 jours et sa personnalité (antisocial, manipulateur, agressif, irritable et égocentrique), ont décidé le tribunal à condamner Biagio Destro à la peine requise par le parquet: 10 ans de prison ferme.