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dominique
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« le: 13 Août 2007 à 17:59:48 » |
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Les familles de sans-papiers vivent dans la crainte perpétuelle d'être arrêtées. Eva, une jeune ukrainienne de 33 ans, témoigne. Alors que les associations accusent l'administration de mettre les bouchées doubles en profitant de la torpeur estivale, le ministère de l'Immigration dément.
Elle a d'abord cru qu'il s'agissait de Viktor, son fils. Jeudi dernier, Eva se trouvait à Paris avec des membres de Réseau Education sans frontières, quand la nouvelle a été annoncée. Les bribes de conversation saisies évoquaient un adolescent sans-papiers, originaire des pays de l'Est, tombé du 4e étage alors que la police venait interpeller sa famille en situation irrégulière, et à l'hôpital, dans le coma. Ce n'était pas Viktor, mais Ivan, un garçon russo-tchétchène de 12 ans. Le drame s'est passé dans la Somme et non dans le Val-de-Marne, où Eva et sa famille résident. Mais l'histoire reste sensiblement la même ; celle de la peur omniprésente, vécue par ces familles en situation irrégulière, qui redoutent une reconduite à la frontière. Une angoisse décuplée pendant la période estivale. Selon RESF, la préfecture de police profite du mois d'août pour multiplier les arrestations de parents sans-papiers, d'enfants scolarisés et leur placement en centre de rétention. (Lire notre encadré)
Deux demandes, deux refus L'angoisse ronge Eva depuis le 19 juillet. Ce jour-là, Jarulov, son mari est incarcéré au centre de rétention de Vincennes. Et la jeune femme de 33 ans d'imaginer les policiers débarquant, de jour comme de nuit, pour venir les arrêter, à leur tour, elle et son fils ; de devoir retourner à Kiev, en Ukraine, d'où ils sont originaires. Dans le deux-pièces qu'ils louent à Alfortville depuis 2006, la jeune femme à la chevelure auburn se souvient de leur arrivée en France. C'était en 2001. Jarulov était parti un an plus tôt. Licencié de l'usine à pain où il travaillait, il avait décidé de tenter sa chance dans le pays des droits de l'homme où, paraît-il, tout était plus facile. Eva, institutrice, et Viktor, alors âgé de 8 ans, le rejoignent. La famille s'installe dans le 17e arrondissement de Paris. Leurs visas expirent ; les deux demandes de régularisation se soldent par autant de refus. Le recours, déposé en octobre 2006, est resté lettre morte.
"On n'est pas venu en France pour demander la charité" En avril 2007, les perspectives semblent s'éclaircir pour les Romanchuk. Le couple rencontre une assistante juridique russe qui leur fait miroiter des papiers d'identité. Eva s'aperçoit qu'ils ne valent pas un kopeck quand elle mentionne ces documents aux policiers pour que son mari soit libéré. La réponse tombe comme un couperet : Jarulov sera reconduit à la frontière le 21 août. Eva raconte son histoire, en triturant ses mains. Elle soupire, cherche ses mots. "On n'est pas venu en France pour demander la charité", assure-t-elle, anticipant les réactions que pourraient avoir certains en lisant son histoire. Elle poursuit, d'une voix soudainement décidée : "On a la tête, on a deux mains, on est là pour travailler, pour vivre mieux." Avant qu'il ne soit arrêté, Jarulov travaillait comme maçon, Eva donnait des cours de langues, elle en parle six. La vie en France leur plaît, avec Jarulov, ils ont des amis, des voisins gentils. "On se parle de la pluie et du beau temps mais ils ne savent pas qu'on n'a pas de papiers"... C'est bien tout ce qui leur manque. Dans l'appartement confortable des Romanchuk, peu de traces de leurs racines ukrainiennes. Des livres, quelques photos, deux napperons traditionnels, un sifflet en bois, et c'est tout. "Même la vodka n'est pas de chez nous", dit Eva en parcourant la pièce, dans un semblant de sourire. Dans sa chambre, Viktor, devenu un adolescent de 13 ans, joue à la Play-Station. Au mur, des posters de Thierry Henry, de Savate française, de basket. Viktor, arrivé sans connaître un mot de français, est actuellement en classe de 5e. Selon RESF, c'est un bon élève, très sociable. "Je lui dis tous les jours que bien travailler est la seule façon de s'en sortir", précise sa mère. Celui qui veut devenir "footballeur professionnel, cuisinier ou boxeur", a du mal à comprendre l'angoisse maternelle, insouciant comme tous les adolescents. Oui, il parle parfois de sa situation avec des copains mais les autres préoccupations des garçons de son âge reprennent vite le dessus. De l'Ukraine, il n'a que très peu de souvenirs ; Viktor se dit Français. Et s'amuse à taquiner sa mère pour son accent ukrainien, qu'il n'a plus. Eva sourit, un instant. Et puis, elle évoque, en s'en prenant de nouveau à ses mains, cette hantise d'être arrêtée, comme la famille du petit Ivan.
Nous avons rencontré Eva vendredi 10 août. Son mari a été expulsé pour Kiev le lendemain par un vol Air-France.
TF1/LCI
Son mari a été expulsé 10 jours avant la date prévue..... et le lendemain apres avoir raconté sa crainte a des journaliste....
Le ministère dément tout activisme particulier
Alors que les associations accusent l'administration de mettre les bouchées doubles en profitant de la torpeur estivale, le gouvernement dément. Ainsi, le nouveau ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale, on se défend de consignes spécifiques pour les vacances, rappelant que Brice Hortefeux le 9 août avait assuré qu'il n'y avait "pas de particularisme pour le mois d'août". "Il n'y a pas de durcissement de la politique" vis-à-vis des clandestins, a par ailleurs estimé Olivier Damien, secrétaire national du syndicat des commissaires de la police nationale, soulignant que les arrestations à domicile se font "dans le cadre d'une procédure prévue par le code pénal" (art.78). Sur le terrain, les policiers font état d'un certain "flottement", selon Francis Masanet, secrétaire général adjoint de l'Unsa-Police (premier syndicat de gardiens de la paix). "On sait que les gars ont des consignes verbales, rien n'est franc, il n'y a pas de traces, c'est le flou artistique, tout est interprété en fonction de la sensibilité des préfets", a-t-il déploré en réclamant au ministère "des directives claires et précises".
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